nov 102011
 
IliumOlympos

On ne présente plus Dan Simmons, auteur célèbre notamment pour ses cycles fantastiques : L’échiquier du mal ou SF : Hypérion. Il continue dans la veine SF avec un nouveau cycle très original dans lequel la fiction va chercher son inspiration dans l’épopée épique grec d’Homère : L’Iliade.

C’est une idée complètement délirante, et c’est ce qui fait l’attrait de l’oeuvre. Simmons transforme la guerre de Troie en un spectacle organisé pour divertir les dieux logés sur Mars, et y place un observateur qui au lieu de s’assurer que l’histoire originale soit respectée, commence à avoir envie de la modifier. Gravite autour de cela une société extra-terrestre (mélange de toutes formes et origines) qui ayant détecté des turbulences dans la région y envoie un mission pour voir ce qu’il en retourne. Et pour complexifier l’ensemble, il nous fait aussi suivre un groupe d’humains qui découvre le fonctionnement de leur vie sur Terre où la mort n’existe pas, où leur corps et mémoire sont gérés par des machines qui les renouvellent selon un cycle précis et compté.

Les trois histoires sont extrêmement difficiles à suivre car elles n’ont aucun rapport entres elles (sauf très loin vers la fin). Le style d’écriture est lourd, riche en inventions de l’auteur, il faut souvent se relire pour comprendre le sens d’un nouveau mot ou d’un passage. Lorsqu’on aborde les moments sur l’Iliade, on se régal de la narration et connaissance très maîtrisée de l’épopée, pimentée par l’intrusion constante de la fiction, dans l’attente du moment où le scholiaste (l’observateur) interviendra pour en changer définitivement le cours. Les autres histoires sont moins passionnantes, longues et lentes, on se perd sans comprendre où l’auteur veut nous emmener.

L’ensemble fait un roman très inégal, intéressant et indigeste à la fois, très long à mettre en route, mais avec un fin rythmée et attractive. D’ailleurs, surfant sur sa bonne idée, Simmons a écrit une suite à Ilium : Olympos, qui conte l’affrontement entre les troyens et les dieux. Je ne l’ai pas encore lu, je vous en reparlerai.

En tout cas, Ilium est à réserver aux lecteurs maîtrisant le genre SF !

Présentation du dos du livre

Imaginez que les dieux de l’Olympe vivent sur Mars. Ils sont comme des superhéros qui se déplacent librement dans le temps et l’espace. Leur plus grand plaisir, c’est la Guerre de Troie. Alors, ils la regardent se jouer et envoient des érudits terriens de différentes époques pour vérifier les dires d’Homère et modifier les événements à leur gré. Thomas Hockenberry est de ceux-là : un scholiaste du XXe siècle dont la mission (forcée) est de faire triompher les Troyens. En orbite autour de Mars voguent deux Moravecs, intelligences artificielles dont les passions sont pour Ophu, Marcel Proust et pour Mahnmut, Shakespeare ! Ils ont pour mission d’observer les effets des manipulations quantiques dont abusent les dieux. C’est l’occasion d’une joute verbale sur leurs auteurs préférés… Enfin, sur Terre, il reste un million de posthumains décadents, figés dans une société policée où la nanotechnologie a remplacé la culture, la diversité, la réflexion et l’idée même de liberté. Pourtant l’un d’entre eux a appris à lire et cherche à comprendre ce qu’est devenu son monde…