L'âge d'or
1 - Tome 1
Cyril PEDROSA
Roxanne MOREIL
232 pages
Date de sortie : 07/09/2018
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PRESENTATION
Il était une fois au château du bois d’Armand, un roi mourant et son héritière désignée, sa fille aînée la princesse Tilda. Hélas, un complot ourdi par l’infâme éminence Loys de Vaudemont l’écarte du trône au profit de son petit frère.
La révolte gronde dans le royaume. Exilée, Tilda s’évade et projette de reconquérir le pouvoir en partant à la recherche du trésor secret qui consumait son père à la fin de sa vie.

L'histoire semblait suffisamment intéressante pour que je me lance dans l'aventure : une princesse déchue, un royaume en révolution, un mystérieux trésor, le tout dans un cadre médiéval.J'avais juste un doute au niveau des graphismes qui avaient une patte très particulière. Et les premières pages ont peiné à me rassurer. Car oui en effet les dessins nécessitent qu'on y adapte notre vision : ils sont surchargés de traits et de couleurs, avec une inspiration très naïve et des formes de visages à la limite du grotesque.
Qui plus est, les 20 premières pages sont en orange sur noir, ce qui ne facilite pas la reconnaissance des formes et manque fortement de relief. Mais c'est vraiment la surcharge, cette densité impressionnante de crayonnés et l'absence de contrastes qui m'ont compliqué la vie.
Et puis, en avançant, on ne peut s'empêcher de reconnaître la masse de travail effectué par le dessinateur, le regard s'habituant, on commence à apprécier l'effort et les détails. Surtout que la mise en scène est plutôt originale. Profitant de cet art naïf, l'artiste se permet de positionner une continuité d'actions et de progression des personnages sur la même page. Par exemple un chemin qui court sur la double page, et les héros sont au début avec un dialogue, un peu plus loin avec un autre dialogue, et tout au bout pour finir leur échange.
Cet ensemble finit par créer un charme particulier, une originalité qui flatte l'œil parce qu'il se passe beaucoup d'évènements sur la même page. Et les doubles pages sont légion : un paysage gigantesque, ou un centre ville ultra animé avec des personnages partout. C'est une surprise sans cesse renouvelée.
Quoi qu'il en soit je peux vous assurer qu'une fois dans le bain, régulièrement je me disais "ah oui quand même" en admirant une scène. Et même si ce n'est pas un graphisme dont je suis fan, j'ai appris à l'apprécier le temps de cette lecture.
L'histoire a aussi participé à mon intérêt et la volonté de m'accrocher après les premières pages. Car elle commence simplement, permettant d'appréhender les différents intervenants. Ils ne sont pas nombreux et donc on les intègre facilement pour mieux se projeter dans l'intrigue. Les personnages profitent d'un long développement afin de pouvoir s'y attacher.
Comme le présente le pitch, le roi est mort et sa fille doit lui succéder. Mais son petit frère avec le support de sa mère et du chancelier, fait un coup d'état qui l'oblige à fuir. Pour son exil elle est accompagné d'un seigneur et d'un jeune ami, et elle va tenter de se réfugier loin chez un vassal de confiance.
Tilda, la princesse, semble avoir des visions qui la montre en conquérante, semblant lui promettre une revanche. De même qu'un secret qui était détenu par son père pourrait changer le cours des choses. Celui-ci devient l'objet de sa quête.
Pendant son épopée, elle va côtoyer le peuple, et constater le mal être de ses sujets. Une colère gronde, portée par une légende qui raconte qu'au début du monde, tous les humains étaient égaux, et qu'il faudrait en revenir à ce principe. Les conflits sociaux (équité entre homme et femme, et plus généralement entre tous les humains) que nous connaissons dans nos sociétés modernes sont transposés à cette époque où les seigneurs faisaient la loi.
Je n'ai cependant pas senti une morale forcée, ce que j'apprécie. La BD ne se veut pas idéologique, mais pousse naturellement à la réflexion et la remise en question.
Ce premier volume est une véritable grande épopée, on prend vite partie pour cette princesse et ses mésaventures, en espérant voir ses tourments, mais aussi ceux du peuple, prendre fin dans le volume suivant.
J'ai donc ouvert cette BD en étant dubitatif, mais je l'ai refermé en étant conquis. Une bonne histoire, et un sacré travail graphique, pour une lecture pleine d'attrait.
Aujourd'hui 12:37 par LordTRY
